19-Le Bureau
Lyon, 27 avril 2016
- Je peux savoir pourquoi la réunion du Bureau se fait à Grenoble ? » Interroge Elisabeth, visiblement agacée.
D’un ton égal, Amédée lui répond : « C’est le plus pratique pour les différents représentants de la région. Ce soir seront désignés les nouveaux occupants des postes du Bureau. Nous ne pouvons pas nous permettre de ne pas y assister. »
A l’arrière de la Berline, Amédée a sorti de sa mallette de cuir un certain nombre de documents dont il fait prendre connaissance à Élisabeth à un rythme soutenu.
« Voici les trois derniers comptes-rendus de nos réunions de Bureau, chère cousine. Ainsi que les derniers rapports d’activité des cités avoisinantes. »
Élisabeth parcourt rapidement les documents et commente avec acidité « Votre amour pour la paperasse et les fiches bristol ne connaît aucune limite, cher cousin ».
Amédée accueille la remarque d’un air placide. À l’avant du véhicule, Marcello étouffe un léger rire qu’il transforme en toux.
Sur un ton neutre, Amédée poursuit : « Je suis désolé que cette organisation de notre sang vous prive d’une nuit de leçons avec Monsieur Sinclair. »
Élisabeth lui lance un regard courroucé. Amédée ponctue sur un ton sérieux : « L’avantage des fiches bristol et de mon réseau de renseignements. Comment se déroulent vos leçons ? »
Glissant une main sur sa nuque, Elisabeth répond sèchement : « Très bien. Je suis talentueuse.
- Et très assidue. »
Après un silence, Elisabeth se tourne vers Amédée : « Avez-vous quelque chose à me dire ? Soyez franc, je vous prie. »
Amédée semble réfléchir un instant et poursuit sur un ton précautionneux : « Monsieur Sinclair est indéniablement un homme puissant et séduisant. Il a d’ailleurs occupé mon poste un temps, au sein de la cité lyonnaise et d’autres cités. Il est considéré comme le bras droit du Prince, et avoir une influence sur lui relève d’un atout politique majeur. »
Élisabeth manifeste son impatience devant les évidences énoncées par son frère de clan.
« Savez-vous le surnom qui lui a été donné lorsqu’il exerçait mes fonctions ? »
Élisabeth fait non de la tête.
« Le bourreau des Lumières. » Amédée marque une pause pour accentuer l’effet de sa révélation. « Il lui a été attribué car il ne connaît que peu de limites dans la torture des ennemis que nous faisons prisonniers, pour leur soutirer des informations. Avec mon amour de la paperasse, j’ai mis la main sur certains rapports détaillés de cette époque. J’ai eu du mal à les lire. Je peux attester qu’aucun prisonnier n’a survécu à ses « interrogatoires ». »
Élisabeth porte son regard sur l’autoroute qui défile. Un long silence emplit l’habitacle. La jeune femme brise ce dernier d’une voix emplie de tristesse : « Je sais, Amédée. Je sais que le visage qu’il me montre n’est qu’une facette de ce qu’il est vraiment. La Bête est forte chez lui, à n’en point douter. Mais l’humanité n’a pas encore disparu. »
Amédée enchaîne : « Vous a-t-il parlé de la mort de sa compagne ? »
Élisabeth se tourne vers Amédée, intriguée. « Oui, en effet. »
« Vous a-t-il indiqué que c’est lui, qui est responsable de sa destruction. »
- Il m’a dit que c’était le Sabbat.
- C’est partiellement vrai. Ils ont bien tous deux été pris en embuscade cette nuit-là. Mais ce n’est qu’une partie de la vérité. » Amédée marque une pause. Élisabeth l’encourage à continuer du regard. « Mademoiselle de Beaumont - Sinclair était une combattante redoutable. Ce soir-là, malgré le nombre des assaillants et les blessures qu’ils ont reçu, elle est venue à bout de la menace. En revanche, Monsieur Sinclair, grièvement blessé, a perdu le contrôle. Il a attaqué sa compagne, qui, bien que meilleure combattante, a hésité à détruire l’homme qu’elle aimait. Cette hésitation lui a coûté sa propre vie. Les renforts qui sont arrivés sur place à ce moment là ont relaté les faits dans des rapports circonstanciés. »
Un lourd silence s’installe dans l’habitacle.
Après de longues minutes, Amédée reprend : « Pour vos leçons, je sais que vous avez dû boire son sang. Cela lui accorde indéniablement une emprise sur vous. Il serait malvenu que la protégée de notre Ancienne soit le ver dans le fruit qui exposerait notre clan. Que vous fassiez preuve de la même hésitation si l’occasion devait se représenter.
- Il a bu aussi. »
Amédée regarde Élisabeth avec une expression légèrement plus intense qu’à son habitude, qu’Élisabeth interprète comme de la surprise.
- Oui, cher cousin, l’échange fut réciproque.
- Voilà qui est… inhabituel, chère cousine. »
Le bruit du clignotant indique que Marcello s’engage sur une sortie.
- Merci de votre sollicitude. J’ai, moi aussi, comme priorité de servir au mieux les intérêts de notre sang. Et je suis désolée pour la remarque sur les fiches bristol. Donnez moi donc ces rapports que je les lise plus attentivement. »
Le reste du trajet se passe dans une atmosphère studieuse, tandis que les deux vampires examinent le contenu des documents d’Amédée. La voiture les conduit jusqu’à un petit manoir, aux abords de la cité Grenobloise.
Élisabeth et Amédée sortent de la voiture et s’avancent vers l’entrée principale, tandis que Marcello sort un livre de la boîte à gants. Un serviteur leur ouvre la porte et les salue discrètement. Il les conduit jusqu’à une salle de grande taille où une immense table de marbre ovale trône en son centre, entourée de fauteuils Louis XV de velours noir. Un immense lustre scintillant diffuse une lumière douce dans la pièce dont les murs et le plafond sont totalement recouverts de fresques bucoliques, et dont les moulures sont du pur style baroque et recouvertes de feuille d’or. Plusieurs immenses miroirs semblent donner à la pièce encore plus de profondeur. En bout de table, trois sièges plus imposants que les autres sont occupés par un homme et deux femmes.
Élisabeth reconnaît, à la droite de l’homme, leur aînée Friederike Von Überrhein, qui arbore pour cette occasion une robe noire presque sobre, dans son référentiel. Si les informations partagées par Amédée sont exactes, et elles le sont toujours pour ce genre d’évènement, la jeune femme à gauche de l’homme, vêtue d’un tailleur noir et à l’air sévère est Katarzyna Kowalsky, une ancilla de la ville d’Annecy. L’homme qui se tient au centre est vêtu d’une tenue militaire de cérémonie impeccable, et il arbore de nombreuses récompenses sur son poitrail : Richard de la Porte des Alpes, Prince de la cité grenobloise. Peu de temps après l’arrivée d’Amédée et Élisabeth, un jeune homme au costume beige fait irruption dans la salle et rejoint les autres vampires déjà installés.
Élisabeth parcourt un instant la salle du regard et examine ses camarades tous uniformément vêtus d’impeccables costards trois pièces sur mesure.
Le Prince de Grenoble se lève et toute la salle fait de même. Avec toute la rigidité militaire dont il peut faire preuve, Richard annonce d’une voix claire :
« Puisque tout le monde est là, nous allons commencer. Je déclare cette réunion du Bureau de la région Rhône Alpes ouverte. Vous avez été sélectionnés par vos aînés pour avoir une chance de représenter notre clan au sein du Bureau. Rares sont les élus à avoir ce privilège. Ce soir, seront désignés, parmi vous, un nouvel Archiviste, un nouvel Argentier et un nouveau Président. »
Le Prince de Grenoble se rassoit, suivi par tous les membres de la salle.
Tour à tour, les vampires autour de la table se lèvent et déclinent leurs identités :
- Paul de Montmorency, infant du Duc de Chateaubriand. » commence le dernier arrivé en costume beige, au sourire charmeur, aux cheveux bruns coupés courts.
- Luc Achard de Bonvouloir, infant de Judith Chabert. » poursuit son voisin, vêtu d’un costume gris, il est d’apparence aussi terne que ses vêtements.
- Christophe de Fayolles, Infant d'Antoinette de Garcin de Mure de Larnage » Élisabeth note une touche de fantaisie chez ce cousin qui arbore une pochette de couleur rouge, tranchant avec son costume entièrement noir. Au moins, ça le distingue d’un croque-mort, sourit intérieurement Élisabeth.
- Vincent Terrasson de Senevas, infant de Philibert de Verdun » ponctue le vampire suivant d’une voix timide, qui contraste avec la stature carrée et imposante de son propriétaire, qui semble pourtant capable de broyer le crâne de quelqu’un à mains nues.
- Amédée de Savoie-Aoste, infant de Cécile de Montbel D’Entremont » Décline le complice d’Élisabeth sur son ton monocorde habituel.
Élisabeth clôture le tour de table :
- Élisabeth de la Pierre Blanche, infante du Comte. »
Comme à chaque annonce de sa lignée, des regards surpris parcourent l’assistance. La réputation du Comte poursuit Élisabeth dans toutes les réunions officielles du clan. Celle-là ne fait pas exception. Seuls les aînés restent impassibles à cette annonce.
Rapidement, Paul prend la parole sur un ton indiquant sans doute aucun la haute opinion qu’il a de lui-même : « Je me propose pour les responsabilités de Président de ce Bureau local. Voilà plusieurs décennies que je possède des réseaux d’informations et d’influence conséquent dans le domaine de la politique et de la religion. Ces derniers seront d’une aide précieuse dans le rayonnement et la protection du clan. »
Il est interrompu par Luc : « Comme la fois où vous avez exposé notre couverture lors d’une intervention filmée par un badaud et mise en ligne ? »
Ça commence. Se dit Élisabeth.
Elle a toujours détesté ces petits jeux visant à mettre en lumière toutes les erreurs commises par les autres pour se faire valoir. Mais c’est ainsi que se déroulaient invariablement toutes les réunions de Bureau… et de son clan de manière générale. Un bocal de requins aux dents longues qui en oublient constamment la vision plus globale.
Paul, offusqué, réplique : « Cher cousin, vous omettez le contexte de cet incident et j’ai été totalement blanchi par notre enquête interne.
- Oui, vous avez soudoyé suffisamment de monde pour cela, j’imagine. »
Alors que Paul et Luc se lancent des regards électriques, Christophe se lève pour prendre la parole : « Pour ma part, je souhaite contribuer et soutenir notre clan au poste d’Argentier. Lors de mon vivant, je travaillais dans la banque et les arcanes de la gestion monétaire n’ont aucun secret pour moi. »
Cette fois-ci, c’est Paul qui interrompt brutalement son cousin « Oui, si l’on souhaite des méthodes de gestion dignes du 16ème siècle. Les choses changent et il faudrait moderniser tout cela.
- Ah oui ? Et à quoi pensez vous, chez cousin ?
- Eh bien. Vous savez, il y a ces trucs en ligne. Des placements efficaces.
- Oui, si vous voulez perdre de l’argent rapidement, c’est le bon moyen. Comment osez vous briguer la Présidence si vous n’êtes pas au fait des dernières actualités sur ce sujet ? » tranche avec acidité Christophe tandis que Luc opine.
- Le président de Bureau est avant tout un guide pour le clan et assurer la pérennité de nos ressources. » assène Paul sur un ton condescendant.
Impassibles, les aînés observent la scène avec grande attention.
Élisabeth et Amédée se jettent un regard rapide. Amédée prend à son tour la parole : « Je souhaite poursuivre mon rôle d’Archiviste au sein du Bureau. » A cette annonce, tous les jeunes vampires hochent la tête d’un air entendu. Il semble qu’il n’y ait aucune contestation sur ce point-là. Élisabeth coule un regard admiratif à Amédée qui semble afficher un très léger sourire en coin.
Tandis que Luc, Christophe et Paul poursuivent leur joute verbale, Élisabeth les interrompt d’une voix calme.
« J’aimerais vraiment entendre ce que Monsieur Vincent Terrasson de Senevas a à dire. »
Les trois hommes s’interrompent et l’assemblée fixe Vincent qui semble éprouver un instant de gêne. Il commence d’une voix presque inaudible : « J’aimerais soutenir le clan en tant qu’Argentier. Il est vrai que je suis encore un jeune vampire mais j’ai eu une formation complète en finances modernes. Je continue d’ailleurs de me former, cela me passionne. »
Alors qu’il évoque les finances, Vincent s’anime et de plus en plus confiant, décrit un plan de placement diversifié sur 10 ans qui, selon lui, devrait assurer la sécurité du clan pour plusieurs décennies. Alors qu’il termine son monologue, le silence se fait dans la salle.
« Merci Vincent, pour ce partage. » reprend Élisabeth. « En ce qui me concerne, je dois avouer que si l’élite de notre clan est dans la salle, je suis plus qu’inquiète pour notre pérennité. »
Un regard outré de Luc, Christophe et Paul accueille les propos d’Élisabeth alors qu’elle les fixe ostensiblement. Vincent retient un sourire.
Les lèvres pincées, le costard beige passe à l’attaque : « En même temps, vous n’êtes certainement là que parce que vous êtes l’infante du Comte. Celui qui n’a jamais régné. » ses derniers mots dégoulinent de mépris.
Le Comte, le Sire d’Elisabeth, est un Ancien d’une immense puissance qui excelle autant dans les manœuvres politiques que sur une scène de combat où sa résistance n’est plus à prouver. Certaines rumeurs disent même qu’il pourrait marcher en plein soleil. Il est également connu pour avoir toujours refusé de prendre la tête d’une cité. On lui aurait proposé d’être Prince de Paris, la plus haute distinction qui soit. Ce refus constant de régner lui vaut le mépris presque intégral d’un clan fait pour diriger. Élisabeth se rappelle ce que son mentor lui a souvent répété : « être mon infante ne sera pas chose facile, mon enfant. Ils essaieront de me ternir, à travers toi. Ils essaieront de t’atteindre, à travers moi. Mais ne garde qu’une chose à l’esprit : l’immortalité ne vaut rien, sans liberté. »
Laissant passer quelques instant, Élisabeth sent le regard de l’Assemblée sur elle, attendant sa réaction. Lentement, elle se lève et d’un ton froid, toise ses frères de sang de toute sa superbe : « Chers cousins, vous êtes pitoyables. Vous êtes là, à vous pavaner tels des paons dans un zoo, pensant que c’est cela qui met en valeur notre sang. Vous êtes des imbéciles imbus de vous-mêmes. Vous n’avez jamais pensé à notre clan. Vous ne servez que vos intérêts propres. Vous êtes des égoïstes, immatures et serviles. »
Elle abat violemment sa main sur la table devant elle. Les trois postulants sursautent.
« Et regardez vous, face à une faible menace, vous tremblez comme des lâches. Je n’ai pas besoin de tourner la tête pour savoir que face à mon geste, tous les autres présents se tiennent prêts au pire. »
Luc, Paul et Vincent regardent les autres personnes de la salle. Vincent s’est instantanément tendu au geste d’Élisabeth et semble prêt à lui bondir dessus. Amédée à ses côtés, la fixe intensément. Dans leur fauteuil, les trois aînés semblent avoir bougé imperceptiblement. Le Prince a nonchalamment posé la main sur la garde de son épée de cérémonie.
Élisabeth se redresse et poursuit : « Vous êtes indignes d’avoir été étreints, indignes de venir ici et de mentionner vos prestigieuses lignées. Je suis ici par mes qualités propres, chers cousins. Et avec mon ascendance, je me suis sans doute battue deux fois plus que vous pour parvenir là où je suis. »
Alors que Luc ouvre la bouche pour répliquer, la voix du Prince retentit dans la pièce : « Il suffit ! »
Instantanément, chacun ravale ses paroles et se rassoit. Seule Élisabeth reste debout quelques secondes. Avant de s’asseoir avec grâce.
« Nous en avons assez entendu. » poursuit Richard en se levant. « Retirez vous, le temps que nous débattions. »
Les jeunes vampires quittent la salle pour attendre dans le hall. Paul vient toiser Élisabeth : « Chère cousine, votre petite saillie dans la salle va vous coûter cher. Le Prince n’est pas connu pour sa tolérance à l’insolence. Lorsque je serai Président du Bureau, je me chargerai de vous recadrer pour que vous sachiez votre place. »
Élisabeth va pour répliquer mais Amédée la retient d’une main posée sur son bras. Le serviteur revient sur cet instant « Vous pouvez revenir »
- Déjà ? Ce fut rapide... » s’étonnent les nouveaux nés.
De retour dans la salle, les trois aînés se tiennent debout. Solennellement, Friederike prend la parole : « Le poste d’archiviste est attribué à Amédée de Savoie Aoste. Nous sommes unanimement d’accord pour dire qu’il est le meilleur archiviste que nous avons depuis des décennies. » Elle lui sourit chaleureusement. Amédée accueille la nouvelle avec un flegme inébranlable.
Katarzyna prend la suite : « Pour le poste d’Argentier, Vincent Terrasson de Senevas est choisi. » Le concerné semble sincèrement surpris.
Le Prince conclut alors l’échange : « Enfin, pour la présidence du bureau, notre choix se porte sur Élisabeth de la Pierre Blanche. Félicitations à tous, vous pouvez rentrer chez vous. »
Dans le hall, alors que chacun quitte les lieux, Paul alpague une dernière fois Élisabeth et s’exclame à voix haute « Félicitations Mademoiselle de la Pierre Blanche. » et lui serre la main. Puis resserrant son étreinte sur sa main, il lui glisse à l’oreille : « Espèce de petite dinde, je sais que vous avez comploté pour cela. J’imagine que vous avez réussi à la séduire. Vous ne vous en tirerez pas comme ça »
Amédée observe la scène d’un œil attentif : « Élisabeth, venez, Marcello nous attend. »
Élisabeth se libère de l’étreinte de Paul : « Je vous attends. » répond elle dans un air de défi. Elle rejoint Amédée.
Dans la voiture, Élisabeth félicite chaleureusement Amédée « Bravo, Monsieur l’archiviste. Comment avez vous réussi à être une telle évidence au point que même les trois imbéciles ne vous contestent le poste ?
- Mon amour de la paperasse ne connaît aucune limite, chère cousine. Ça, et le fait que le précédent archiviste a « malencontreusement » perdu de nombreuses archives précieuses de notre clan, que j’ai « heureusement » retrouvées par la suite. »
Élisabeth regarde avec étonnement son frère de clan. Sur un ton taquin : « Amédée, je ne vous savais pas aussi… félon. »
Un demi-sourire s’affiche sur les lèvres de l’homme au regard bleu.
- Félicitations à vous aussi, chère cousine. Notre aînée est très fière de cette réussite pour notre cité. Je suis ravi de vous avoir pour Présidente. » Il ajoute, légèrement inquiet : « Que vous a donc dit Paul à l’oreille quand nous partions ? »
- Il fait ce que tout homme sûr de son pouvoir inflige à une femme lorsqu’elle le surpasse : il m’a menacée.
- Et que comptez vous faire ? »
Élisabeth hausse les épaules. « Je continuerai à chérir ma liberté. »